Un nouveau club d’échecs au Lycée

Depuis quelques semaines, une scène « étrange » se déroule dans notre établissement : dans un espace confiné, des dizaines d’élèves se réunissent avec la seule intention de réfléchir intensément, échanger et approfondir autour des idées. L’occasion ? L’ouverture à Talma d’un club d’échecs. Le noble art, le roi des jeux, a désormais une place au lycée deux fois par semaine. Tous les élèves sont invités à y participer, sans obligation d’assiduité. Cela se passe au Grand Foyer, tous les mercredis et tous les vendredis dès 11h40 jusqu’à 14h30 (voire 15h).
Ce club ne s’adresse pas uniquement aux « mordus » du jeu-science, il concerne également tous ceux qui voudraient en connaître les rudiments, pour pouvoir le pratiquer en famille ou ailleurs.

Pourquoi une telle activité dans notre lycée ?

Les neurosciences nous apprennent que la pratique du jeu d’échecs permet de développer de nombreuses facultés cognitives : la capacité de calcul, bien sûr, mais également la créativité, les compétences langagières, la logique, la rigueur dans l’analyse, la prise de décision, le sens des responsabilités, le respect d’autrui... Au bout d’environ un an de pratique, nous dit encore la science, le cerveau s’en trouve modifié, développant de nouveaux circuits neuronaux et de nouvelles compétences. C’est en cela qu’on dit que les échecs sont une discipline « propédeutique », c’est-à-dire une discipline qui facilite l’apprentissage d’autres disciplines. Il est donc une évidence : la période de formation que constitue le lycée est naturellement propice, et les échecs ont un rôle à jouer dans la perspective de l’épanouissement intellectuel de nos élèves. La Maison des Lycéens l’a fort bien compris et soutient cette initiative, apportant les fonds nécessaires à l’acquisition de 10 échiquiers de taille réglementaire. Qu’elle en soit remerciée.

Les échecs, un simple jeu ?

Rien n’interdit de voir dans les échecs un simple passe-temps, mais ils sont bien plus que cela : c’est une activité qui tient à la fois du sport (les compétitions d’échecs et l’organisation des fédérations relèvent du ministère des Sports), de la science (des bibliothèques entières sont consacrées aux ouvertures, aux finales à la théorie échiquéenne…), et de l’art (il y a une composante esthétique, de créativité, qui n’est pas la moins importante). Tous ces aspects (ludique, sportif, scientifique, artistique) réunis en une seule activité, font des échecs un vecteur idéal pour le développement intellectuel de nos jeunes. Cerise sur le gâteau, sa pratique retarderait significativement les effets des maladies neurodégénératives telles qu’Alzheimer… Avis aux adultes qui voudraient participer !

Comment cela se passe-t-il ?

L’importante affluence dès le premier jour, avant même toute publicité, démontre qu’il y avait une attente non négligeable en ce sens, et que nos élèves sont prêts pour tenter l’expérience.
Durant les séances, un adulte (votre serviteur) initie les débutants aux règles, avec l’aide précieuse des joueurs confirmés (propagation horizontale des connaissances), et permet à tous d’acquérir et de renforcer des méthodes d’analyse et d’évaluation.
On dit qu’il y a sur un échiquier plus d’aventures que sur toutes les mers du monde… Contrairement à la légende, il est littéralement impossible de s’ennuyer devant un échiquier ! Voici quelques photos de notre dernière séance qui a réuni, par moments, jusqu’à une cinquantaine d’élèves prompts à phosphorer sans la moindre obligation, par pur plaisir !


Guillermo Nemirovsky